En ligne (connectés) : 0 58

Procès du stade de Conakry : la défense réclame la nullité, la partie civile s’y oppose à Dixinn.

processus-28-septembre

L’audience du tribunal criminel délocalisé de Dixinn, tenue ce lundi 26 janvier 2026, a été largement dominée par l’examen des exceptions de nullité soulevées par les avocats des militaires poursuivis dans le cadre des événements tragiques survenus au stade de Conakry.

Les conseils de colonels Jean-Louis Kpoghomou et Georges Olemou, ainsi que de l’adjudant-chef Thomas Touaro, ont demandé l’annulation de l’ordonnance de renvoi et la libération immédiate de leurs clients, contestant frontalement la régularité de la procédure.

Un débat sur la compétence du tribunal

La partie civile, représentée par Me Saa Dissy Millimono, a vigoureusement répondu aux arguments de la défense. Elle a souligné que le tribunal criminel est compétent pour juger le dossier et a réfuté l’interprétation de l’article 396 du Code de procédure pénale avancée par les avocats de la défense.

« L’appel contre une ordonnance de renvoi ne peut intervenir qu’après une condamnation. Il serait illogique de permettre qu’un jugement soit annulé rétroactivement », a expliqué Me Millimono. Selon lui, toute demande d’annulation doit passer par la chambre de contrôle de l’instruction et non par le tribunal chargé du jugement.

Recours déjà épuisés

L’avocat a également rappelé que la défense avait déjà porté cette contestation devant la Cour d’appel de Conakry, laquelle avait confirmé l’ordonnance de renvoi, la rendant ainsi définitive. Quant à un arrêt de mars 2023 invoqué par la défense pour contester la procédure, la partie civile a précisé que son exécution était suspendue du fait de pourvois en cassation, le rendant inapplicable. De plus, un autre arrêt cité par la défense, prétendument rendu par la Cour suprême en 2022, serait inexistant dans le dossier.

Mesures administratives et détention provisoire

La défense avait aussi soulevé l’absence d’ordonnance formelle du président du tribunal de Dixinn désignant le doyen des juges d’instruction. Me Millimono a qualifié cet argument de « débat fictif », précisant que cette formalité est simplement administrative et ne constitue pas une cause de nullité.

Concernant la demande de remise en liberté des accusés, la partie civile a affirmé que la détention provisoire respecte pleinement la loi et vise à garantir la manifestation de la vérité.

« La liberté est le principe, la détention l’exception, mais ici tout a été fait dans le cadre légal », a ajouté l’avocat.

Le tribunal devra désormais trancher ces questions préalables avant le début des débats sur le fond, prévu le 23 février prochain.

Kogno Célestin Sagno pour 224infos


A propos de l'auteur :

224infos